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Les salons du dessin à Paris

Au mois de Mars, se tiennent à Paris durant quelques jours 3 salons dédiés au dessin, avec des positionnements bien différents.

Le plus ancien (27 ème édition cette année) et le plus classique, le Salon du Dessin, se tient au Palais Brongniart. Ambiance feutrée, galeries institutionnelles françaises pour moitié, et très majoritairement européennes pour les autres, les œuvres présentées sont triées sur le volet et représentatives de toutes les techniques du dessin : pastel, gouache, sanguine, mine de plomb, etc

On y trouve aussi bien des œuvres Renaissance que des dessins contemporains, en fonction des galeries et de leurs spécialités. Pour autant, l’atmosphère est celle d’une foire classique et relativement élitiste et non contemporaine, à taille humaine puisque seules 39 galeries sont présentes.

J’y ai admiré entre autres :

  • cette huile sur papier d’August Macke, peintre expressionniste allemand, présentée par Martin Grässle et Florian Harb, pour ces couleurs, ces mouvements si élégants et l’apparente simplicité de sa composition.

August Macke – Danseurs dévêtus avec un joueur de flute – 1910

  • Ce portrait, d’un très grand réalisme, d’un jeune homme, réalisé par François Joseph Navez en 1813 à la craie noire et au crayon. Peu connu, cet artiste belge du 19 ème siècle a pourtant réalisé un très grand nombre de portraits, dont un de David. Classé par beaucoup de critiques parmi les peintres néo-classiques belges, ce dessin témoigne également d’une sensibilité romantique.

François Joseph Navez – portrait d’un jeune homme 1813/16

 

  • Cette œuvre énigmatique de Francis Picabia, peintre français d’origine cubaine, proche des mouvements dadaïstes et surréalistes, probablement réalisée pendant ou à la suite de son séjour en Espagne pendant les années 20.

  • ce dessin de Jean Baptiste Oudry illustrant les Fables de La Fontaine, et plus particulièrement Le rat et l’éléphant, réalisé en 1732 à l’encre noir avec des rehauts de blanc.

Le salon le plus jeune, DDessin, fêtant ses 6 bougies, se tenait à l’espace Richelieu (60 rue Richelieu – 75002).

Résolument contemporain, comme en témoigne l’espace d’exposition sur deux étages, certaines des œuvres présentées m’ont laissée perplexe. Une des critiques les plus récurrentes concernant l’art contemporain est que nos enfants pourraient en faire autant, et il faut bien reconnaitre que certaines œuvres tombaient malheureusement dans ce cliché.

Parmi les belles découvertes, on trouve toutefois :

  • le travail de Massimo Lagroteria, peintre et sculpteur italien. Sur des fonds neutres et gris se détachent des personnages à la fois réalistes et inquiétants, une femme dont les yeux sont absents, un homme de profil, torse nu, bedonnant, tenant ses seins dans ses mains.

 

  • les dessins de Clément Denis, jeune peintre français né en 1991 doté d’une barbe et d’une moustache toute hipsterienne, composés de plusieurs visages juxtaposés, dont on cherche sans fin à retracer les contours.

Drawing Now se tenait lui au Carreau du Temple pour sa 12 ème édition, et faisait la part belle à la bande dessinée et à l’interaction entre le dessin et les nouvelles technologies.

On pouvait y découvrir le travail de Radenko Milak, inspiré de Bosch.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La galerie Caroline Smulders présentait également des portraits de Gérard Fromanger, qui ont été fort admirés. L’artiste contemporain, dont le travail sur la couleur a pris de nombreuses formes différentes au cours des années a créé des portraits d’amis illustres composés de traits de couleur qui s’entremêlent. Parmi les œuvres présentées, on retrouve des figures connues, dans leur représentation la plus marquante. Ainsi, Rembrandt dans un de ses autoportraits,  Eugène Delacroix, ou Gustave Courbet désespéré.

 

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