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7 jours dans le monde de l’art de Sarah Thornton

J’ai récemment passé 7 jours dans le monde de l’art avec Sarah Thornton (https://www.amazon.fr/Sept-jours-dans-monde-lart/dp/2746730286/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1523451586&sr=1-1&keywords=sarah+thornton) et la promenade fut agréable.

Plus que 7 jours, c’est surtout 7 univers différents que nous présentent l’auteure, par ailleurs sociologue de formation, à savoir une vente aux enchères chez Christies New York, un cours à l’institut californien des Beaux art, la visite de l’atelier de l’artiste japonais Takashi Murakami, la foire Art Basel, le magazine Artforum, la remise du prix Turner, et la biennale de Venise.

Elle a souhaité esquisser un portrait du monde de l’art international au travers de ses différents intervenants : collectionneurs, journalistes, critiques, artistes, galeristes, étudiants, etc et le tout se lit comme un récit anthropologique sur un monde assez fermé et opaque.

On y apprend des anecdotes sur les doutes des jurys du prix Turner, on y pioche quelques phrases savoureuses des personnalités très atypiques qu’elle a rencontrée pour ce récit, et on découvre un peu l’envers du décor de ces manifestations et le cynisme de certains. La galeriste Barbara Gladstone se compare à une prostitué d’Amsterdam sur son stand à Art Basel ; « coincée dans une pièce exiguë sans la moindre intimité » ; l’artiste américain John Baldessari affirmant qu’ « un artiste qui pénètre dans une foire à l’art est comme un gamin qui entre dans la chambre des parents en train de faire l’amour », etc.

On passe un bon moment en compagnie de ces personnalités si particulières, et j’ai spécialement aimé la réflexion sous-jacente touchant aux collectionneurs, certains étant dépeints avec dédain par les galeristes, mais la plupart au contraire reconnus à la fois dans leur pouvoir et dans leurs convictions. « Ici la réputation des artistes peut pâtir ou, au contraire, grandir en fonction de ceux qui possèdent leurs œuvres ». « Un artiste ne devient pas artiste en un jour, donc un collectionneur ne devrait pas non plus devenir collectionneur en jour. C’est le processus de toute une vie ».

Rares sont cependant les noms cités qui n’ont pas été modifiés, pour des raisons évidentes d’anonymat.

Le livre demeure justement un aperçu de ces milieux, du fait de la grande confidentialité qui y règne et ne dévoile pas de secret ou de scoop. Par ailleurs, le milieu de l’art est ici représenté à travers ses plus grands opérateurs. Il existe des ventes aux enchères ailleurs que chez Christies, dans des salles de ventes en Province, il existe des ateliers d’artistes bien plus modestes que celui de Murakami, etc, et ces aspects là sont absents.

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