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Frieze 2019

Première grande foire de la rentrée (disons que la Biennale ne compte pas vraiment), Frieze Masters et Frieze Art fair figurent parmi mes préférées. Déjà, l’action se situe à Londres et ça c’est toujours une bonne nouvelle. Ensuite, on est dans Regent’s Park, au début de l’automne, il y a des écureuils partout et des sculptures installées dans le parc pour l’occasion.

Enfin il y en a pour tous les goûts. Frieze Masters si vous êtes fan d’antiquités, d’art asiatique, de moderne, etc et Frieze Art Fair pour le plus contemporain. Je fais l’aller-retour dans la journée, donc mon temps est un peu compté mais je vais pouvoir avoir un bon aperçu.

Je commence par Frieze Masters qui ouvre plus tôt.

Parmi les œuvres d’artistes connus et reconnus qu’il fait toujours bon admirer de visu, j’ai usé mes yeux sur :

  • Cette large sélection d’œuvres de Nam June Paik présentée par la galerie coréenne Hyundai

On compte peu d’artistes contemporains coréens ayant une renommée aussi grande que celle de Nam June Paik. Présent dans les plus grands musées, il a étudié à Tokyo, et s’est beaucoup intéressé à la musique et à la déconstruction de formes sonores, en résonnance avec le mouvement Fluxus.

Très vite, il va choisir d’intégrer la télévision dans ses œuvres. Véritable symbole de la modernité dans les années 1960, ce média est en effet présent dans tous les foyers. Il va modifier à la fois le contenu et le contenant, jouant sur le mixage d’images, le dérèglement du tube cathodique, ou comme ici, en empilant les téléviseurs qui forment des sculptures d’un genre nouveau.

  • Ce sublissime Botticelli présenté par la galerie Trinity Fine Art

Seule pièce présente sur leur stand, dans un décor minimaliste, elle suffit pourtant à attirer tous les curieux.

Il s’agit du dernier tableau de Botticelli dans des mains privées, aujourd’hui visible en prêt au Prado.

Le jeune homme représenté ici est Michael Marullus Tarchaniota, dit Marullo. Il était à la fois poète et mercenaire à la cour des Medicis, et son portrait a peut-être été réalisé à la demande de sa femme après sa mort prématurée.


Botticelli – portrait de Michael Marullus Tarchaniota
  • Ce charmant tableau d’un suiveur de Bosch
Jan Mandijn – Allégorie de la fierté – 16ème siècle

Les allées sont encore vides, soit parce que c’est le matin, soit parce que tout le monde est à Frieze Art Fair, généralement plus fréquentée.

Je fais une petite pause déjeuner sur place.

ce muffin me fait de l’oeil

Les deux parties de la foire se trouvent à quelques minutes à pied, la ballade permettant de voir les sculptures exposées dans le parc.

A Frieze Art fair, l’ambiance est bien moins calme et méditative. La foule est compacte, et il faut parfois prendre son mal en patience. Un de mes plaisirs coupables dans les foires contemporaines étant de regarder les gens et les looks, et d’écouter les commentaires plus ou moins avisés, je ne suis pas plus gênée que cela par la fréquentation abondante.

Petite sélection :

  • Les mastodontes
Marina Abramovic – Holding the skeleton – 2008 (galerie Krinzinger Vienna)

Une de mes artistes préférées, très connue pour ses performances dans lesquelles elle teste parfois les limites de son corps qu’elle met à l’épreuve.

Elle a performé plusieurs fois avec des squelettes comme compagnons, comme en 1995 dans Cleaning the Mirror, où elle restait assise sur une simple chaise en bois, nettoyant un squelette avec de l’eau savonneuse ; ou en 2002 dans Nude with skeleton, où allongée, nue, un corps mort décharné reposait sur elle.

Sa série Holding the skeleton reprend cette idée, mais dans des poses plus apaisées. Ici, telle une Pieta des temps modernes, elle confronte toujours notre peur de la mort en tenant un squelette comme un enfant qu’on berce.

General idea – Blue (Klein) placebo -1991/2019

General Idea est un collectif d’artistes canadiens : Felix Partz, Jorge Zontal et AA Bronson. Vous connaissez sans doute leur œuvre AIDS, elle-même inspirée de l’œuvre de Robert Indiana LOVE. En effet, très marqués par l’épidémie du sida, les 3 artistes ont beaucoup travaillé sur ce sujet. Deux d’entre eus en sont du reste décédés.

Les 3 artistes travaillant en groupe ont beaucoup dénoncé la société de consommation et les médias de masse. Placebo, leur travail sur de grosses pilules bleues sculptées fait référence notamment aux essais thérapeutiques visant à lutter contre le sida, et à la réaction positive du patient ayant pris un médicament ne contenant aucun principe actif.

Cindy Sherman – Untitled – 2019 (galerie Metro Pictures)

On ne présente plus Cindy Sherman, grande artiste américaine contemporaine, qui explore les multitudes d’identité notamment au travers de la photographie. Elle n’aura de cesse de transformer son corps et son apparence comme dans ce grand portrait.

Alex Da Corte – True love will always find you in the end – 2019

Si l’on considère que ce qui fait la valeur d’un artiste sur le long terme est sa capacité à se renouveler Alex Da Corte a tout bon. Artiste protéiforme, il était également présenté à la dernière Biennale de Venise. Travaillant de multiples supports, comme la sculpture ou la vidéo, il fait appel à des couleurs vives et des images issues de la pop culture.

Do Ho Suh

Do Ho Suh

Do Ho Suh est un autre artiste coréen qui opère usuellement plus sur des œuvres en 3 dimensions, de grandes sculptures de fil représentant des monuments. Il a fait l’objet d’une belle exposition récemment au musée Voorlinden (La Haye) où il présentait des répliques de ses anciennes maisons réalisées grâce à des techniques de couture coréennes.

Ici, ce sont des œuvres sur toile qui étaient sur stand, je suis toujours en admiration devant le travail du fil en art contemporain.

  • Les découvertes (disclaimer : ce sont des découvertes pour moi, peut-être connaissez-vous déjà ces artistes)
Daniel Silver – Man with beard – 2014 (galerie OMR)

Je suis restée longtemps admirer cette sculpture en marbre de l’artiste anglais Daniel Silver. J’ai beaucoup aimé la stylisation du visage, cette longue barbe d’un bloc et cet aspect lisse qu’on a envie de caresser. Le matériau, marbre de Portoro est également d’une grande qualité.

Daniel Silver travaille la sculpture aussi bien que la peinture et aime faire des références aux civilisations antiques.

Cynthia Daignault – Elegy (Greenmount) – 2019 (Night Gallery)

Clairement je n’en ai pas fini avec le figuratif, et j’apprécie toujours autant les œuvres qui représentent quelque chose de reconnaissable. La Night Gallery avait disposé 3 œuvres de Cynthia Daignault, en nuances de gris, noir et blanc et j’ai été happée par sa touche à la fois simplifiée et épaisse.

L’artiste est clairement engagée, dans cette série sur le sujet de l’écologie et de la nature, mais elle a également traité des armes ou des mouvements radicaux.

Vous pouvez en apprendre plus sur son travail sur son site : http://www.cynthiadaignault.com/

Lee Kang-So – Serenity -18197 – 2018 (galerie Hyundai)

Non je ne fais pas d’obsession sur la Corée, mais il s’avère que voilà déjà notre 3ème artiste coréen…

On revient ici à quelque chose de plus traditionnel, qui me fait penser au travail des lettrés chinois ou japonais lorsqu’ils tracent des lettres à l’aide de gros pinceaux. L’œuvre porte bien son nom, il s’en dégage une grande sérénité.

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