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Les favoris de l’été

 

Hé oui l’été est déjà fini, mais il ne fut pas avare en belles découvertes. Cette période est souvent plus calme et moins fournie en foires et autres expositions, mais elle permet de visiter des lieux trop souvent bondés le reste de l’année.

J’en ai donc profité pour voir :

–          La très belle exposition Van Dongen au musée de Montmartre

Les photos des œuvres étant interdites, je n’aurais pas de tableaux à vous montrer, mais les créations présentées de Van Dongen étaient à la hauteur de mes espérances. Celles-ci correspondaient majoritairement à la période pendant laquelle l’artiste néerlandais résida à Paris, au bateau-lavoir.

Dans les premières années du 20ème siècle, Van Dongen se fait fauve et ses couleurs éclatent à la face du monde.

Apollinaire en dit « ce coloriste a le premier tiré de l’éclairage électrique un éclat aigu et l’a ajouté aux nuances. Il en résulte une ivresse, un éblouissement, une vibration et la couleur conservant une individualité extraordinaire se pâme, s’exalte, plane, pâlit, s’évanouit sans que l’assombrisse jamais l’idée seule de l’ombre »

Les lutteuses de Tabarin – 1908

L’exposition permet de retracer un peu de son évolution entre fauvisme et expressionnisme, deux mouvements ayant mis la couleur au centre de leur préoccupation. On y retrouve les femmes aux cernes caractéristiques de l’œuvre de Van Dongen et on ressort ébloui par tant de lumière.

Au-delà de l’exposition, le musée de Montmartre à lui seul vaut le déplacement. Niché en haut du quartier, un peu à l’abri des ruelles touristiques, donnant sur les vignes, il s’auto proclame le musée le plus charmant de la capitale. Son jardinet avec ses quelques tables, loin de l’agitation de la ville, son poirier penché, ses plantes aromatiques, sa balançoire pourraient bien lui donner raison.

Et que dire de la reconstitution de l’atelier de Suzanne Valadon et Maurice Utrillo, baigné de lumière grâce à une grande véranda, présentant quelques objets de leur quotidien tels que chevalets, boites de peintures, quelques meubles ; qui m’a littéralement donné envie de me cacher pour y passer la nuit.

–          Un lieu : la fondation Maeght

Mes pérégrinations estivales m’ayant menée dans le sud de la France, j’ai eu la chance de pouvoir visiter la fondation Maeght. Fondée par Aimé et Marguerite Maeght après la mort d’un de leurs fils, elle se situe dans les hauteurs de Saint Paul de Vence, dans un lieu protégé et arboré.

Elle abrite un bâtiment principal dans lequel est actuellement présentée une exposition sur certaines œuvres de l’artiste belge Jan Fabre relatives au cerveau. Mais son jardin surtout est un havre de paix, de fraicheur et de beauté. Il contient presque autant d’œuvres qu’en intérieur, avec des sculptures de Miro, un labyrinthe entier de l’artiste, de Calder, de Jan Arp, etc.

 

 

Je connaissais de nom les Maeght, grands galeristes ayant marqué leur époque par leur soutien à de nombreux artistes et leur œil imparable, mais peu leur histoire.

–          Un livre : la saga Maeght

Je me suis donc procuré ce livre, écrit par l’une des petites filles d’Aimé et Marguerite Maeght, Yoyo. Elle y raconte son enfance et l’histoire de sa famille, au milieu d’œuvres et d’artistes ayant marqué le siècle.

C’est un mélange que j’adore, celui du récit d’une vie et d’une époque, l’un éclairant l’autre.

Bien qu’extraordinaires, la vie de l’auteur et celle de sa famille ne furent pas épargnées. De la mort d’un des deux enfants d’Aimé et Marguerite aux guerres intestines entre héritiers, le terme saga n’est pas usurpé.

Le livre fourmille d’histoires dans l’histoire de l’art du 20 ème siècle, d’anecdotes sur des artistes connus de tous, et sur leurs liens avec la famille Maeght. Il fait revivre le mythe des grands galeristes, des grands marchands d’art tels qu’on les rêve.

Il interroge aussi sur ces vies de légende, dont nous percevons des bribes de renommée et de glamour mais dont le quotidien est bien souvent plus tortueux.

–          Une foire : Masterpiece

L’année s’est terminée avec une de mes foires préférées : Masterpiece à Londres.

Pas à dire, les anglais dominent le sujet et l’organisation de foires de qualité. Celle-ci se tient au Royal Hospital Chelsea, dans un grand bâtiment qui semble avoir été prévu pour. On peut y déjeuner, écouter des conférences, participer à des visites guidées, en réalité on peut s’y extraire du monde pendant une journée ou une demi-journée sans problème.

Au programme plus de 160 galeries du monde entier présentent leurs pièces souvent originales, choisies pour la foire. On y trouve aussi bien des arts premiers, de l’antiquité, de la peinture, de la sculpture, toutes les époques et beaucoup de diversité.

C’est un vrai régal pour les yeux, et on se sent comme dans une bulle de sérénité et de beauté.

Parmi mes coups de cœur :

          Les photographies de Maisie Broadhead, inspirées de l’univers de Vermeer

          Le salon de musique de Piero Pizzi Cannella

          Max Ernst – Le facteur autonome

–          Un artiste : Lucien Levy Dhurmer

La première fois que j’ai croisé une (en réalité deux) de ses œuvres, c’était à la vente aux enchères réalisée par la maison Marcillac au château d’Artigny. Il s’agissait de « L’après-midi d’un faune » et des « Roses d’Ispahan » :

Je suis intensément tombée sous le charme de l’usage incroyable du pastel que faisait Lévy Dhurmer.

Mes pas ont à nouveau croisé ceux du peintre lors de l’exposition sur le symbolisme qui s’est tenue à la maison Caillebotte. Celui-ci comptait en effet parmi le groupe français des artistes symbolistes, avec Alphonse Osbert ou Alexandre Seon.

 

 

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