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La biennale des antiquaires 2018

J’avais décidé de visiter la 30 ème édition de la Biennale Paris (ex- biennale des antiquaires) lors de la nocturne du jeudi soir, espérant qu’il n’y aurait pas trop de monde, et pouvoir baguenauder jusqu’à des heures indues.

Du fait de mon accès tardif, j’avais déjà beaucoup entendu et lu sur cette édition de la Biennale : Devenue annuelle depuis peu (elle se tenait auparavant tous les 2 ans, d’où son nom), son vetting – commission chargée de garantir l’authenticité des œuvres – avait été renforcé, en raison notamment des affaires de faux qui ont bousculé le monde de l’art français ces dernières années ; la scénographie avait été confiée à Jean Charles de Castelbajac ; le nombre de galeries avait été réduit de 94 l’an dernier à 62 (contre 85 annoncés) cette année engendrant une répartition plus égalitaire des stands, ceux qui étaient placés sur le salon d’honneur (partie haute du Grand Palais) ayant été supprimés.

La Biennale accueillait également cette année une partie de la collection de Pierre-Jean Chalençon, féru de Napoléon.

Du côté des images, Instagram m’avait déjà fourni moultes vues du carrousel coloré qui décorait la partie haute de la salle, et quelques instantanés de la visite de Mme Macron, bien entourée.

 

J’avais donc hâte et pas si hâte que cela de me rendre à ma visite nocturne.

Hâte parce que la Biennale est le premier événement de la rentrée, et parce que j’aime le Grand Palais ; moins hâte du fait de certains articles laissant présager une édition en demi-teinte, comme celui du Monde intitulé sobrement « la biennale tente de survivre » (https://www.lemonde.fr/arts/article/2018/09/12/la-biennale-paris-ex-biennale-des-antiquaires-tente-de-survivre_5353928_1655012.html).

Allais-je donc au chevet d’une mourante ?

La première impression en arrivant fut en effet de constater que l’espace était bien loin d’être exploité entièrement et cela se ressentait. Un grand espace de restauration placé à l’arrière était un peu déserté. La circulation en rangées parallèles facilite la visite, nul besoin de plan comme pour la Tefaf (foire d’art se tenant à Maastricht) ou Masterpiece (foire londonienne), on ne risque pas de se perdre dans les deux allées de visite.

Les espaces attribués aux exposants sont homogènes et j’aime toujours à voir comment chacun l’a personnalisé, certains restant très sobres, afin de mettre les œuvres et elles-seules en avant sur des murs blancs, d’autres beaucoup plus chargés, véritables prouesses décoratives.

La scénographie reste simple, hormis ce carrousel de portraits chinois de personnages de l’histoire napoléonienne suspendus sur des dais de différentes couleurs, œuvre de M. de Castelbajac. Au centre du bâtiment trône également un petit espace présentant la collection d’œuvres napoléoniennes évoquée ci-dessus.

Rien de bien extraordinaire, et là encore, beaucoup d’espace perdu, vide.

Du côté des galeries présentes, et des œuvres présentées, la variété est respectée, bijoux, arts premiers, art moderne, primitifs flamands, art déco, on trouve de tout, bien que très peu de réellement contemporain. La plupart des œuvres sont des nouveautés et je retrouve peu de pièces déjà vues auparavant.

Le grand palais se remplit peu à peu au cours de la soirée, et à 20 h les allées sont pleines mais pas bondées, ce qui rend la visite agréable. Les galeristes prennent le temps de discuter avec leurs clients, de boire un verre de champagne. Certains d’entre eux évoquent quelques ventes déjà réalisées, les affaires ne sont donc pas si mauvaises.

Parmi les coups de cœur rencontrés,

  • La galerie Ary Jan et ses œuvres orientalistes

Emile Marie Beaume – Les mille et une nuits

  • Le stand de la galerie Marc Maison, et son focus sur le japonisme et les émaux de Thesmar

Certaines galeries ne daignent pas mettre de cartel indiquant le nom des œuvres et leurs auteurs, datations, etc ce qui me surprendra toujours.

Je ressors au bout de près de deux heures de visite, toujours ravie de voir tant de belles choses, comme réhydratée après une longue marche dans le désert.

Pour autant je ne peux réfuter complètement les critiques faites quant au nombre d’exposants et la vitalité de la foire, incomparable aujourd’hui avec celle de foires équivalentes anglaises par exemple. Je m’interroge aussi sur l’opportunité d’ouvrir la Biennale gracieusement pendant le dernier week-end correspondant aux Journées du patrimoine. Gonfler ainsi de façon artificielle le nombre de visiteurs n’a pas du être très apprécié des galeries étrangères qui ont fait le déplacement, d’autant que cet afflux de badauds n’avait certainement aucune intention d’achat.

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