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Plaidoiries

Être acteur et être avocat. Y-a-t-il une si grande différence ?

Certes l’acteur ne porte pas la responsabilité de la défense de son client. Le plus souvent les acteurs n’écrivent pas leurs textes, les avocats si.

Pourtant les deux métiers nécessitent mémoire, empathie, élocution, et disons le franchement un certain ego.

La plaidoirie n’est en réalité que la partie visible et l’aboutissement de longues heures de recherches, de travail, d’auditions, d’expertises qui ont jalonné un procès.  Pour autant certaines sont décisives, surtout en matière criminelle où il est question d’emporter la conviction d’un jury populaire. Il faut pouvoir parler à l’homme et la femme de la rue, ceux qui vont au final décider de la peine de l’accusé(e).

Certains procès auront une portée bien plus grande que celle du cas discuté. Ils disent beaucoup de notre société, de son évolution, de ses questionnements. Ils permettent parfois de préparer, d’annoncer certains changements législatifs fondamentaux.
Il en est allé ainsi de certains réquisitoires contre la peine de mort, ou contre la pénalisation de l’avortement.

Les cinq plaidoiries qu’interprète Richard Berry nous font revivre un court instant des affaires qui ont marqué l’actualité, voire l’histoire. On s’amuse ou on se questionne de voir les cheminements qu’ont pris les avocats (principalement de la défense) pour convaincre leurs jurés. Véronique Courjault n’est-elle vraiment plus une menace du seul fait qu’ « elle n’aura plus de bébés », comment expliquer son déni de grossesse à trois reprises, la responsabilité de Maurice Papon est elle réellement celle d’un crime administratif, le doute doit-il bénéficier à Christian Ranucci malgré ses aveux ?

Richard Berry est seul sur scène, derrière son pupitre, accompagné parfois de photos ou de textes nous relatant rapidement les faits dont tout le monde finalement se souvient.

La pièce se termine sur la plaidoirie épique de Gisèle Halimi, défendant le droit pour Marie-Claire Chevalier, victime d’un viol, de mettre fin à sa grossesse.

Celle-ci nous ramène plusieurs années en arrière et pourtant certains arguments sont toujours aussi actuels : le manque de cours d’éducation sexuelle, l’impossibilité pour les femmes de disposer de leur corps, le choix requis de ne pas faire naitre des enfants par erreur ou par oubli, la nécessité inacceptable pour les femmes de devoir défendre leurs droits face à des hommes.

Le texte entier de cette plaidoirie est accessible ici : http://www.lagbd.org/index.php/Le_proc%C3%A8s_de_Bobigny_:_La_cause_des_femmes._La_plaidoirie_de_Me_Gis%C3%A8le_Halimi_(fr), je vous invite à le lire.

Porté par la ferveur de Richard Berry, à haute voix, il prend toute sa force.

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