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4 garçons dans le vent

Non je ne vais pas vous parler des Beatles, bien que ce soit un de mes sujets de prédilection, mais, dans la lignée de la Brafa (Brussels Art Fair) qui s’est terminée la semaine dernière, de 4 artistes belges que je vous encourage à découvrir.

  • Fabrice Samyn

Fabrice Samyn est un jeune artiste de 37 ans, né à Bruxelles, où il vit toujours. Ses œuvres questionnent le rapport au temps, ou l’impossibilité de la représentation, et il utilise divers médias comme la peinture, la sculpture ou la performance.

A bottle to the Ocean – 2014 (copyright F. Samyn)

Dans ce sablier, symbole de l’écoulement du temps, on trouve du sable provenant de Lampedusa et Tanger. Au lieu de s’écouler, celui-ci est figé, ne peut plus bouger. L’artiste questionne le sort des migrants dont l’espoir s’arrête sur les bords des côtes européennes, et le rapport à la terre promise.

From the olive tree garden – 2013

Avec cette oeuvre qui rappelle l’arte povera, Fabrice Samyn met en lumière les traces laissées par les vers dans l’olivier, qu’il souligne à la feuille d’or. Les blessures de l’arbre sont apparentes et sublimées. On subit tous les traces de l’âge, les marques des coups reçus. Faut-il les cacher ou les sublimer comme ce qui nous a construit ? Le traitement à la feuille d’or n’est pas sans rappeler la technique ancestrale japonaise du kintsugi, qui consiste à réparer des objets notamment en porcelaine, à l’aide et de feuille d’or.

  • Eric Croes

Eric Croes est né en 1978 et vit actuellement à Bruxelles. J’ai approché son œuvre, principalement composée de sculptures en céramique pour la première fois à la dernière FIAC.

Ses totems modernes, d’aspect naïf, évoquent parfois des joyeux bonhommes de neige, ou le thème universel des vanités.


Totem Licorne rose, 2018
Totem, Vanité 1, 2018
Totem, Boule de neige 4, 2018
  • Francis Alys

L’artiste est né en Belgique en 1959 où il étudie l’architecture, mais vit aujourd’hui au Mexique. Principalement reconnu pour ses performances, il utilise comme matériau la marche et l’errance.

Au travers d’actions qu’il effectue seul ou en groupe, il évoque de façon poétique des grands sujets politiques actuels comme les sans-abris, les guerres de territoire et l’immigration.

Ses œuvres sont documentées par des photos ou des vidéos et le montrent par exemple poussant un bloc de glace à travers les rues de la ville, ou déplaçant une montagne de sable par des étudiants.

When faith moves montains – 2002
Paradox of praxis – 1997
  • Koen Vanmechelen

Chacun son animal fétiche. Pour Koen Vanmechelen, né en 1965, c’est le poulet.

A travers lui, il évoque des questions de biodiversité culturelle, et pratique toutes sortes de médias, du dessin à la photographie, en passant par la vidéo et la sculpture dans une approche empreinte de science et de génétique.

Dans son projet Cosmopolitan Chicken Project, il a croisé génétiquement des poules du monde entier afin d’obtenir finalement une poule ayant des genes provenant de chaque espèce connue, transformant ainsi l’animal en art.

Au travers du poulet, il fait référence à notre propre condition et à la mixité et diversité humaine mais interroge aussi les limites de la bioethique.

Dans Between jungle and civilisation, il mixe des éléments culturels humains et son éternel compagnon, plaçant sur un pied d’égalité la nature et la culture.  

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