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Le festival PHOTO CLIMAT

Si vous vous êtes promené.e dans Paris ces derniers temps, vous avez peut-être vu des affichages de photos sur votre chemin. Accrochés à la cimaise d’églises ou dans des cadres en bois, de différents styles, en noir et blanc ou en couleur.

Peut-être n’avez-vous pas fait le lien entre ces œuvres. Il s’agit en réalité d’un festival nommé PHOTO CLIMAT. Né à l’initiative de deux photographes, Floriane de Lassée et Nicolas Henry, le projet est ambitieux. Il s’agit de faire naitre une prise de conscience écologique et sociale au travers du travail documenté et artistique de plusieurs artistes et ONG.

Le projet prend la forme d’une biennale, et il s’agit de sa première édition, qui se tient du 18 septembre au 17 octobre 2021. Sur plusieurs lieux ouverts de la capitale sont disposées des œuvres photo de grand format, présentant le travail de dizaines d’artistes autour de thèmes tels que la transition climatique, le manque d’eau, l’espace sauvage, la relation humain/nature, etc.

Carte du parcours

L’affichage fait la part belle aux matériaux recyclés, avec des cadres et panneaux de bois, des décors de la Comédie française destinés à être jetés et récupérés pour l’occasion, des techniques d’impression sur papier recyclable, tout en conservant une volonté esthétique et une scénographie qui retient l’œil.

Je n’ai pas eu l’occasion de voir toutes les expositions, mais je vous fais part d’une petite revue de détail de celles que j’ai pu apprécier :

  • Parvis de l’Hôtel de Ville

Ferhat Bouda – ONG Action contre la faim

Le photographe s’est rendu pour l’ONG Action contre la faim dans la région du Kanem au Tchad, particulièrement touchée par la sécheresse. Ses photographies noir et blanc sur les conditions de vie et la difficulté d’accès à l’eau sont saisissantes et marquantes.

Aïda Muluneh – ONG Wateraid

L’artiste éthiopienne nous montre avec un grand brio que le style documentaire n’est pas obligatoire pour traiter de sujets environnementaux. Ses photos prises dans le district d’Afar en Ethiopie, adoptent une esthétique presque pop avec ses couleurs criantes, qui contrastent d’autant plus avec la sécheresse du désert.

A voir aussi : Andrew Quilty – Australie / Cyril Zannettacci – France / Floriane de Lassée – France / Catalina Martin-Chico (France – Espagne)

  • Place du palais royal

Lucas Foglia – Human nature (Sierra Club) / Plusieurs artistes birmans

Le photographe Lucas Foglia étudie les interactions entre humains et espaces sauvages. Chaque histoire se déroule dans un écosystème différent et reflète notre besoin de nature.

L’exposition Fighting fear regroupe le travail de plusieurs artistes birmans et sensibilise sur la censure qui opère notamment depuis le coup d’état de février 2021.

  • Eglise Ste Eustache

Nicolas Henry – Badjines, les esprits de la nature

L’église Ste Eustache accueille les esprits de la nature et les mises en scène faites de collectes de coquillages, bois flotté, croyances spirituelles de Nicolas Henry.

  • Eglise St Merry

Leila Alaoui – les Marocains

Il s’agit ici d’une série de portraits photo grandeur nature, pris au travers d’un studio mobile que l’artiste a transporté dans différents marchés au Maroc. Ses personnages ne sont donc pas grimés pour l’occasion mais bien présentés dans leurs habits ethniques. Elle réalise ainsi une compilation d’univers esthétiques amenés à disparaitre du fait de la mondialisation.

  • Canopée des Halles

Tamara Dean – Nitidae

La photographe australienne opère avec des couleurs végétales, du vert, du marron, du noir, et créé des interactions oniriques entre les êtres humains et leur milieu naturel.

Un livre regroupant les différentes œuvres a été édité pour l’occasion, qui me permet de vous montrer également :

Christian Sardet – Place de la Bastille

Pour faire bref, j’ai tout aimé. L’idée, la démarche, la coordination avec des ONG dont je ne connaissais pas le travail, la variété des artistes et des lieux d’exposition, le souci environnemental jusque dans les matériaux choisis et la réflexion menée tout au long du projet, l’engagement des protagonistes…Longue vie à cette biennale nécessaire et créative.

Informations pratiques :

Du 17 septembre au 18 octobre 2021 dans plusieurs lieux à Paris.

Gratuit

https://photoclimat.com/

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